ADAM
Du 19 février au 25 février
ADAM
Festival de Cannes 2019 - Un Certain Regard

MARDI JEUDI VENDREDI 21:00
MERCREDI SAMEDI 18:15
DIMANCHE 18:30
LUNDI 18:00

durée : 1H38

VOSTF

Maryam Touzani, actrice et scénariste d’origine marocaine (elle a coécrit le film Razzia de Nabil Ayouch), signe son premier long métrage. La maternité, l’amitié et la position des femmes au Maroc sont au cœur de cette production découverte dans la section "Un Certain regard" au festival de Cannes 2019
Nous sommes au cœur de Casablanca. Samia (Nisrin Erradi), une jeune coiffeuse enceinte mais vraisemblablement seule, frappe en vain à toutes les portes pour trouver du travail, son état n’éveille pas la confiance d’une société marocaine où le statut de mère célibataire est des plus déshonorants. Peu importe ce qui lui est arrivé – comment est-elle tombée enceinte ? A-t-elle eu le choix de garder ou non cet enfant ? Et pourquoi est-elle finalement à la rue ? –, le qu’en-dira-t-on l’emporte sur l’empathie envers sa situation. Malgré ses réserves, Abla (Lubna Azabal), une veuve vivant avec sa fille de 8 ans, a pitié de Samia et l’accepte pour la nuit. Mais, en tant que femme élevant seule son enfant et cherchant à faire tourner un commerce – elle est propriétaire d’une boulangerie –, Abla ne désire pas s’encombrer à long terme de la présence d’une sans-logis susceptible de faire jaser les mauvaises langues avoisinantes. Pourtant, entre ces deux femmes esseulées, souffrant chacune à leur manière des diktas imposés par la société patriarcale marocaine, va naître une amitié surprenante et durable. Une amitié basée sur l’entraide, la solidarité, la volonté d’affronter ensemble la rumeur du monde extérieur qui entend punir toute femme ayant une quelconque velléité d’indépendance.
La grande réussite de Touzani dans l’écriture du film, c’est qu’elle ne surjoue jamais le drame. Les questions qu’elle pose sur la place des femmes dans la société sont toujours là, en toile de fond, posées tout en finesse, tandis que l’amitié entre les deux héroïnes devient le centre du récit. Un autre personnage important du film est la boulangerie d’Abla elle-même, nichée dans la vieille ville de Casablanca, où la caméra nous invite avec gourmandise à regarder les miches en train de cuire. À travers elle, Touzani évoque la perte des traditions dans la manière de faire commerce, l’injonction du profit effaçant peu à peu l’esprit d’une production locale fabriquée avec soin. Une manière d’aborder subtilement les contradictions liées à la modernité : attendue et espérée dans certains domaines, bien que redoutée dans d’autres.


DE Maryam Touzani AVEC Lubna Azabal, Nisrin Erradi et Douae Belkhaouda

MAROC - 2020

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